Alice miller

Alice Miller, chercheuse en psychologie de l’enfant, est décédée à l’âge de 87 ans le 14 Avril dernier. Docteur en philosophie et psychologie (université de Zürich 1953), elle a pratiqué la psychanalyse pendant 20 ans puis s’en est détournée pour désaccord avec les thèses fondatrices pour se consacrer entièrement à ses recherches sur l’enfance. L’importance de ses découvertes lui a valu une reconnaissance internationale…
…Tous ceux et celles qui ont lu ses livres, depuis Le Drame de l’enfant doué à Ta vie sauvée enfin, en ont eu leur vie profondément transformée. Lire Alice Miller, c’est se recentrer sur soi-même, sur l’enfant qu’on a été. C’est, quoi qu’il ait pu subir de dégradant et de mutilant, reprendre contact avec l’innocence de cet enfant. C’est, balayant tous les jugements qu’on a pu porter sur les enfants, leur « folie », leur « péché originel », leur « bestialité innée », les « pulsions » dont la culture du mépris de l’enfant les a affublés, oser dire totalement innocent l’enfant que nous avons été. Personne avant Alice Miller n’avait été aussi radical.
http://www.alice-miller.com/courrier_fr.php
Euréka !…

La psychanalyse …c’est aller à sa rencontre, faire connaissance et sympathiser …
Ce n’est pas rien à réaliser , un regard de soi à soi, de soi à l’autre qui peut tout changer et ce, je dirais, presque, malgré soi …
« Parce que je le vaux bien !… » Euréka , c’est cela qu’il fallait trouver .
Cela ne résout pas tous les conflits et n’épargnent pas tous les soucis, n’effacent pas toutes les difficultés que l’on rencontre dans une vie, mais de comprendre par quoi l’on est gouverné aide à lutter contre la fatalité,à éviter quelques coups ou à en limiter la portée. Gérer ses manques, ses excès et composer avec ses névroses…ne plus se battre contre, mais avec, est beaucoup moins fatigant .
Les mots, les mots , les mots tout le temps …la raison qui cherche à dominer le message des émotions .
la fin d’une thérapie ?
Plus d’un an que je travaille avec ce patient.
Nous ne nous sommes jamais vus,en effet plus de 7000 km nous séparent et 5 heures de décalages horaires . Nous communiquons via internet . Ensemble nous avons essuyé de violentes tempêtes, suivies de périodes avec accalmies, jusqu’au temps stabilisé de ces dernières semaines .
Ce patient ne le sait pas encore, mais il s’éloigne sur la pointe des pieds, il est entrain de prendre congé . Il a fini par atteindre des rives plus calmes, il réalise le chemin parcouru et déborde de projets. Un chemin de deuil et de regrets, de douleurs qui s’atténuent. Son meilleur allié,c’est lui et il est entrain de le réaliser.
Je me suis posée la question de savoir à quels signes on sait qu’un patient en a terminé et de quelles façons on peut l’amener à finaliser ce moment. Une question qui fait partie de toutes celles que l’on se pose ‘avant’ et auxquelles la réponse s’impose d’elle même ‘pendant’ et ‘après’ .
L’avantage de l’analyste sur son analysant est que le chemin que découvre son patient, lui l’a déjà parcouru et analysé . Il le connait et le reconnaît tout au long du voyage qu’ils vont effectuer ensemble . Mais ça, ça ne s’apprend pas dans les livres …
C’est en forgeant, que l’on devient forgeron…
La semaine dernière je reçois un mail sos auquel je m’empresse de répondre . La jeune femme qui me contacte a besoin de reprendre une thérapie tout de suite,sa psy a pris sa retraite voila quelques mois et personne ne lui convient pour la remplacer . Rien d’étonnant à cela, il est assez difficile de changer de psy dans ces circonstances,je sais ce qu’il en est,j’ai moi même très mal vécu une expérience identique. Nous convenons d’une date pour un entretien préliminaire avant démarrage d’une thérapie,entre le premier contact et le date du Rv,trois jours . Un premier entretien est un moment primordial dans une rencontre entre le patient et le thérapeute et pour moi un exercice difficile où me manque l’expérience . Ma formation ne m’a pas préparée à cette épreuve qui réclame des capacités que je ne possède pas forcément au naturel . Il faut être concis, précis, avenant. Capable de répondre à toutes les questions que l’on peut vous poser, autant que de trouver les bons moments pour obtenir à son tour les réponses qui permettent de cerner les besoins et les demandes du patient, un savant dosage entre écoute,temps de parole et qualités de synthèse et tout ça avec le sourire ou au moins maitrise . Il est très rare que je sois satisfaite d’un premier entretien . Celui ci se présentait assez bien, je me trouvais face à quelqu’un de motivé, dont les questions ne faisaient que me conforter dans le sentiment que nous étions sur la même longueur d’onde et capable de travailler ensemble . Puis d’un coup, le doute, je lui demande de préciser un point et elle m’avoue qu’elle est en fait déjà suivie par quelqu’un dont elle n’aime pas trop la façon de travailler,quand elle m’a contacté elle avait déjà sauté deux séances et le fait de prendre contact avec quelqu’un d’autre lui avait donné l’envie de se donner une dernière chance . Elle avait donc repris les séances la veille de notre entretien et se sentait soulagée . Pour elle la démarche avait été positive , elle lui avait surtout permis de réaliser qu’elle souhaitait poursuivre avec son thérapeute … Pourtant,quand au terme de l’entretien,elle m’a demandé si elle me devait quelque chose,j’ai répondu non rien jamais pour un entretien préliminaire … sans réaliser l’erreur que je venais de faire . Il ne s’agissait pas d’un entretien préliminaire, mais d’un entretien qui avait permis une prise de conscience importante à cette patiente . Un entretien qui méritait salaire …
« La surdouance », le cadeau du diable ?
la «surdouance» ,c’est d’abord souffrir d’une différence .Pour beaucoup de « surdoués », ainsi mal nommées les sensibilités et perceptions hors norme qui les caractérisent, cette sur-abondance est considérée comme un cadeau empoisonné, qui les conduit souvent à l’échec scolaire,sociale,à l’exclusion .
Il ne fait pas bon être «différent»,hors définitions,ou faisant appel aux qualités d’adaptation et de tolérance des autres . Sans doute la raison pour laquelle la plupart des surdouées ne sont jamais dépistés, la meilleure façon de fuir une difficulté ne se trouve-t-elle pas dans l’évitement ? Alors si eux mêmes refusent de croire en leurs talents …
Comment se reconnaître? S’accepter ? Se revendiquer ? et jouir de sa différence dans un environnement programmé pour la faire taire et l’étouffer ? Peut être en essayant de leur faciliter la tache,en essayant de les deviner entre les lignes d’évidences à double lecture . La réussite scolaire n’est pas une preuve d’intelligence mais d’adaptation à un système d’apprentissage , le contraire prouve simplement que la méthode est inadaptée aux capacités de votre enfant .
C’est un touche à tout, il s’emballe pour chaque nouvelle activité,mais ne se tient à aucune…voilà qui pourrait laisser penser que nous avons à faire à un enfant instable ou capricieux , qu’il convient de canaliser et d’obliger à plus de constance, alors qu’ enthousiasme et énergie sont également les manifestations d’un esprit curieux et sans cesse en mouvement, qui souffrirait d’un enfermement.
Il est décalé, dans ses réactions et préfère les activités solitaires au contact avec les autres enfants .Il ne comprend pas leurs plaisanteries, leur cruauté, leurs pôles d’intérêt ,il est à coté , Être à coté ,ne pas être populaire , n’est pas un classement dans une échelle de valeur , il peut également signifier que l’«appartenance» est ailleurs .
Et tant d’autres petits signes extérieures de maux cachés à l’intérieur …